poin-poin
Bannière

 
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size
Home Dressez vos esgourdes 70's WIZARD - The Original Wizard (1971)

WIZARD - The Original Wizard (1971)

E-mail Imprimer PDF

Wizard

C'est à Tampa, University of South Florida, que les membres de Wizard se sont rencontrés quand le guitariste Ben Schultz fut invité par Paul Forney (bassiste et chanteur) à jammer et jouer quelques gigs avec son groupe Brother. Schultz retrouva ainsi Chris Luhn, rencontré au cours de sa deuxième année universitaire, celui-ci étant pour l'heure roadie du groupe. Toutes les conditions étaient réunies pour la naissance prochaine de Wizard.

Il suffisait d'une opportunité qui s'offrit le jour où Brother devait ouvrir pour deux groupes alors bien connus, Flock et Smith. Au moment de faire le "sound check", le batteur de Brother disparut pour une longue promenade, dit-on, et ce, pendant plus d'une heure. Paul Forney demanda à Chris Luhn de s'asseoir derrière la batterie et de taper sur les fûts, histoire de procéder aux réglages du son. Mais Chris, bien que n'étant plus musicien dans un groupe depuis quelque temps déjà, savait jouer de cet instrument et, surtout, il connaissait la playlist. Aussi ne se contenta-t-il pas de produire quelques martèlements sur l'instrument. Il démontra au contraire qu'il possédait toutes les qualités requises pour intégrer Brother. À partir de ce moment-là, la décision fut prise de prendre Chris dans le groupe et le batteur "fugueur" fût promptement viré du groupe.

A la suite de cet événement, Chris contacta son père pour lui emprunter 600 dollars. C'est ainsi qu'il put acquérir une batterie et Wizard naquit. Très vite ils furent demandés pour l'ouverture des concerts des plus grands noms de l'époque. Tel Iron Butterfly, en hiver 1970, dont le staff prit la décision de les exclure du tour en raison d'un public survolté qui ne se décidait pas à les laisser quitter la scène. Il semble que les sets de Wizard fussent des concentrés de pure énergie propre à faire décoller les foules et à transporter le public, de telle manière que leurs shows n'avaient rien à envier à ceux qui se trouvaient en haut de l'affiche.

Avec cette débauche d'énergie et grâce à la générosité de ses prestations, Wizard put tourner à travers tout le pays pendant l'année 70 et se retrouva à côtoyer les groupes les plus fameux tels Frijid Pink, Catfish, Bob Seger au fameux Goose Lake Music Festival pas loin de Detroit. Ils purent rencontrer et jammer avec les membres de Third Power (autre fameux combo heavy rock) et ils participèrent au Hollywood Fairground Festival en Floride où après une performance de Van Morrison ils donnèrent peut-être leur meilleur concert. Pourtant quand ils montèrent sur scène, fatigués, éprouvés d'avoir attendu leur tour et quasiment déshydratés, ils ne purent jouer les titres prévus et au bout de la troisième tentative s'engagèrent dans une jam longue de 30 minutes qu'ils intitulèrent The Ego Trip Jam. Suite à cet épisode ils continuèrent à tourner pour se retrouver aux côtés de Mountain, Chicago, Rod Stewart et quelques seize mois après ses débuts le groupe splitta.

Entre-temps ils n'eurent de cesse de répéter et de composer jusqu'à ce que Bob Fletcher de Decca Records les conduise à Atlanta où ils purent enregistrer, au LeFevre Sound Studio, en quelques jours, ce qui constituera leur seul et unique album intitulé The Original Wizard (Peon P-100) publié en 1971. Juste avant leur séparation, un 45t sortit sur Penguin (P-100-A) comprenant un inédit Got Love et une version edit de Freedom en face B.

The Original Wizard fournit la preuve du caractère assez exceptionnel de la musique qu'ils jouaient. Le trio produit un heavy rock qui ne se contente pas de quelques clichés bluesy électrifiés ou bruyants. Il compose véritablement des chansons riches en mélodies, breaks et accélérations. Tous les titres sont composés par, au moins, l'un des membres du groupe. Aucune reprise destinée, comme souvent, à remplir la durée impartie au format LP.

Comme on peut s'y attendre, la diversité d'inspiration joue un rôle majeur dans l'élaboration de l'ouvrage. Certains morceaux sont d'obédience plus pop à l'image de Come And See The Bride. D'autres sont véritablement dotés d'un son monstrueux et à haute teneur énergétique comme c'est le cas pour What Do You Know About Mary et sa basse frontalement mise en place ou Freedom et son riff magistral. Parfois ce sont des variations de rythme qui ménagent des surprises et font d'une chanson pop un brûlot hard (Opus Ate).

On trouve aussi des compositions plus psyché voire franchement west coast qu'un Quicksilver aurait pu écrire, tels Goin' Away, ou Ride qui évoque Moby Grape. Jamais le groupe ne s'embarque dans de longues envolées acides, mais tout au contraire condense l'essentiel de ce qu'il a à dire en jamais plus de cinq minutes. Il faut louer les mérites de Ben Schultz, qui prouve qu'un guitariste est souvent aussi inventif dans les riffs et les soli de quelques mesures (comme des incises dans un bloc massif), ainsi que dans le travail effectué sur le son, que celui qui développe des capacités véloces souvent spectaculaires. Parfois il recourt à la wah wah et même parfois (très peu en fait) aux overdubs (Got To See My Way).

Seance est à écouter en priorité pour se rendre compte de tout le talent des musiciens, de leurs capacités à construire, et ce, de manière concise, des petits chefs-d'œuvre où chaque instrument se met au service d'un projet commun. Ajoutons enfin que les textes des chansons sont l'exact reflet d'une jeunesse qui en 1970 embrassait des idéaux dont on n'a pas fini aujourd'hui de s'étonner (ce qui peut-être devrait nous étonner tout autant) - aspiration à la liberté, à l'insouciance, désir de changer la vie ("drop out" comme les y invitait Timothy Leary quelques années auparavant) sans pour autant délaisser la critique sociale - voir ici KillingTime, et les échos qui s'y manifestent du massacre d'étudiants sur le campus de Kent, événement qui a traumatisé une génération et dont Neil Young se fit l'écho dans une de ses chansons, intitulée simplement Ohio.

L'album a été réédité par Gear Fab Records aux USA et par Akarma en Italie en 1999 avec en bonus le single.

Mis à jour ( Mercredi, 18 Décembre 2013 22:59 )  

Poin Flash

LA ZICMUCHE, le "blog lamentable", les girafons... Rejoignez LE FORUM POIN-POIN.

 

MIXTAPES téléchargez (c'est gratuit) the fabulous Mixtape Poin-Poin 1 - Mixtape Poin-Poin 2 - Battle Cidrolin/Rhume - Battle Rhume/Dahu - Battle Rhume Duclock - Battle Waka/Rhume

 

POLAR D'HIVER : le 27e numéro de L'Indic, le "noir magazine", est arrivé. Avec Tom Cooper, Alain Damasio, les Utopiales, les chros, et des tonnes de façon de se faire dessouder dans la neige. Sommaire ici.