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CAPTAIN BEEFHEART Part 3

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The Spotlight Kid (1972)

Enregistré à l'automne 1971 et paru en 72 sur le label Reprise, c'est probablement grâce à une large diffusion en France et une meilleure visibilité, que nombre d'entre nous ont eu accès à la musique de Beefheart. Dès l'intro d’I'm Gonna Booglarize You Baby la messe est dite. On tient là le riff ultime qui renvoie tous les autres à d'aimables amusements pour gens en difficultés d'imagination. C'est inouï et terriblement évident. L'ensemble des titres proposés conduit à établir ce constat que le Magic Band était probablement parmi les plus grands groupes de rock de l'époque (encore aujourd'hui ?).

Derrière l'apparente profusion et désorganisation des riffs et des rythmes, il y a une patente et indiscutable mise en place millimétrée. Tout est tiré au cordeau et chaque frappe, chaque note jouée est à sa place, nécessaire et inévitable. Cette musique est à l'image même de la vie. Sous ses trompeuses irrégularités et discontinuités, un ordre se dégage, une voie est tracée. Patience de l'écoute est le prix, pourtant peu exorbitant, qu'il faut concéder à régler pour accéder à ses richesses.

 

Elliot Ingber rejoint le groupe à la seconde guitare, deux batteurs et des percussions (marimba). Rhys Clark vient se joindre au groupe, troisième larron frappeur, sur Glider. Un piano ou un clavecin (Art Tripp) viennent enrichir la palette instrumentale du groupe (Click Clack). Quelques unes des plus belles chansons du Captain se trouvent là (Grow Fins, Glider). L'harmonica, omniprésent sur ce disque, contribue à ancrer l'ensemble dans le blues le plus authentique, même si le moins épuré.

On notera que sur la pochette il n'y a inscrit que Captain Beefheart, sans la mention habituelle, "and the Magic Band". Au verso quatre peintures du chanteur illustrent quatre des musiciens à l'exception de John "Drumbo" French qui quittera le groupe juste après l'enregistrement. Étonnamment les musiciens, comme par exemple John French ou  Bill Harkleroad ont des souvenirs contrastés des enregistrements effectués. L'un trouvant cette musique trop facile à jouer et prise sur des rythmes trop lents. L'autre ayant surtout le souvenir des tensions qui régnaient à ce moment-là. Indispensable de toute façon.

 

Clear Spot (1972)

À l'origine publié dans une pochette plastique transparente, un feuillet avec une photo noir et blanc, les crédits mentionnés au recto, pour le visuel. Simplicité et dépouillement. Souvent associé à Spotlight Kid, la dernière édition comprend les deux disques sur un même CD. C'est pourtant mal connaître l'artiste que lui prêter la possibilité de faire deux fois la même chose. D'abord la production confiée, cette fois-ci, à Ted Templeman qui doit être responsable des atours parfois un peu plus pop, parfois résolument plus rhythm & blues ou soul (Too Much Time), conférés à plusieurs morceaux. Cuivres et chœurs féminins (The Blackberries) contribuent à cette nouvelle coloration. Ces quelques nouveautés font de Clear Spot un album bien plus facile d'accès que toute la production antérieure. De mémorables mélodies y voient le jour comme pour My Head Is My Only House Unless It Rains, ballade lacrymale et serre gorge. Pour autant le blues, le rock, façon Beefheart, ne sont pas délaissés comme l'illustrent Circumstances ou le titre d'ouverture, Low Yo Yo Stuff, entre autres. Arrivée de Roy Estrada (Oréjon) à la basse (ex Mother Of Invention). Mark Boston passe à la guitare (basse sur Golden Birdies), et John French (Drumbo) est porté absent. Pour débuter dans l'œuvre du Magic Band et de son leader, chaudement recommandé.

 

Unconditionally Guaranteed (1974)

Après avoir signé chez Virgin, Beefheart sort son premier disque sur le jeune label en 1974 (le disque paraît chez Mercury aux US). Alex Saint Claire Snouffer (parti après Strictly Personal) est de retour à la guitare. Mark Boston reprend la basse. Bill Harkleroad, fidèle depuis Trout Mask Replica, à la slide guitare, Art Tripp à la batterie et un clavier (ce qui est une nouveauté pour le groupe) du nom de Mark Marcellino. Produits par Andy Di Martino les dix titres, cosignés par Don et Jan Van Vliet avec Di Martino, poursuivent le sillon ouvert par Clear Spot. Le choix fait est donc celui de la "ligne claire". Le chant est moins excessif, les guitares moins furieuses et tranchantes, les rythmiques déroulent leur efficacité sans trop d'aspérités. Le Magic Band ne marche pas pour autant entre les clous. Si l'écoute se fait attentive, on discerne des astuces instrumentales qui surprennent et accrochent l'oreille exigeante. Des mélodies se détachent là encore de l'ensemble (Magic Me, This Is The Day) rendant l'ouvrage plus accessible, plus apaisé, que ceux qui précèdent. Les textes ont pour thème l'amour, le couple. D'aucuns ont ainsi cru pouvoir affirmer que Beefheart se rangeait au "mainstream", qu'il se la jouait crooner - Happy Love Song et son solo de sax abondant dans ce sens. Écoutez et jugez.

Bluejeans & Moonbeams (1974)

Mais où est passé le Magic Band ? Parce que là, comme usurpation de nom, c'est l'excellence du mensonge qui est atteinte. Non que les musiciens soient particulièrement incompétents, certainement pas ! Mais rien ici ne rappelle la fabuleuse aventure du Captain. Aire de repos ? Lassitude des méventes d'albums ? Impossible de répondre. Mais plus aucun musicien du Magic Band d'antan n'est ici présent. Des musiciens de studio, pas moins de trois claviers et des synthés. La production revient à Di Martino. La pochette est illustrée par le cousin de Beefheart, Victor Hayden (remember The Mascara Snake). Musicalement ? Des chansons, propres sur elles, agréables même. Des mélodies que le chant du leader transforme en épiques ballades, émouvantes, qui savent toucher juste. Observation Crest ou Further Than We've Gone vous arracheront quelques frissons et pourront humidifier de larmes vos yeux. Il y a même une reprise de J-J Cale, Same Old Blues, mention honorable. Et puis un instrumental sorti d'on ne sait où. Remplissage inutile et superfétatoire. Ce disque est tragique. Seule la voix sauve le reste. Beefheart y chante remarquablement bien. On ne se demande plus pourquoi le groupe fut affublé du sobriquet  de Tragic Band. L'album que les fans aiment détester.

 

 

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Captain Beefheart Radar Station

Mis à jour ( Mardi, 06 Mars 2012 22:01 )  

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