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Home Dressez vos esgourdes Rock & Pop THE FRESH & ONLYS - Secret Walls Ep - 2011

THE FRESH & ONLYS - Secret Walls Ep - 2011

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Il y a des disques de 20 minutes comme celui-ci qui valent tous les longs formats de la terre, des disques qui ont le feu sacré, qui vous prennent à un moment où vous ne vous y attendiez pas, sans crier gare.

Des Fresh & Onlys, je ne savais rien, même pas qu'ils avaient sorti un paquet de disques sur divers labels aussi cool les uns que les autres (Woodsist, In The Red, Captured Tracks). On dit de leur musique que c'est du rock garage psychédélique. On dit ça parce qu'il y a de la reverb un peu partout ou alors parce que les mecs viennent de San Francisco. On dit beaucoup de conneries en fait, parce que les 5 morceaux qui composent ce Secret Walls Ep, sorti chez Secret Bones, ce sont juste cinq chefs d'oeuvre de pop habités par la grâce, des chansons inoubliables qui auraient pu avoir été écrites en 1984 par un groupe australien (du genre The Apartments, période The Evening Visits and Stays for Years), en 1995 par un groupe de britpop que tout le monde aurait injustement oublié ou en 1971 par un obscur combo new-yorkais dont la réédition chez Rhino ferait les beaux jours d'un hors-série des Inrocks (si ces derniers s'intéressaient encore un tant soit peu à la musique).

Mais voilà, c'est 2011 et nous sommes en Californie et on s'en tape un peu en fait tant ce disque nous rappelle que la grande musique est un ragoût fait de restes divers et variés que l'on sait accommoder, elle est donc par définition universelle. Ce disque, donc, traverse sans problème l'Atlantique ou le Pacifique et se laisse difficilement classer, malgré l'immédiateté des mélodies qu'il habrite. D'abord, "Secret Walls", chanson dominée par une ligne de basse superbe, un Fender Rhodes discret et une voix à la fois timide, brinquebalante et courageuse. Magnifiée par des interventions guitaristiques ingénieuses et par tous ces faux départs qui en soulignent la fragilité, elle laisse à peine présager la suite des événements. Sur "Keep Telling Everybody Lies", le groupe semble fusionner la noirceur d'un Lee Hazelwood pu d'un Nick Cave avec les mélodies sucrées des Beach Boys. Il fait chaud, très chaud. "Do You Believe In Destiny" est tout aussi réussie, mais ce n'est rien à côté de la beauté sépulcrale de "Wash Over Us" et "Poison of Wine", les deux morceaux les plus mystérieux et les plus intenses du Ep. Savoir mêler cet aspect fantômatiique de la production avec l'immédiateté des mélodies, c'est là le talent de ce disque qui prouve comme le disait Gainsbourg que "la laideur a ceci de supérieur à la beauté qu'elle dure". Et donc, là, ça ne dure vraiment pas longtemps.

Se pose alors la question de savoir si The Fresh & Onlys est bien le plus grand groupe du monde que le monde ne connaît pas encore. Et la réponse, en fait, est pour l'instant difficile à déterminer. En effet, terrassé par la beauté de cet opus, j'ai souhaité vérfifier le diction rock'n'rollesque qui veut qu'en live, la bonne musique tu préféreras, sauf que là, ça n'a pas vraiment marché. En concert, The Fresh & Onlys se trouve en effet plus proche de sa réputation de groupe garage. Le son est un peu nébuleux, les mélodies enfouies. Le groupe ne joue de plus que le morceau titre de ce EP, se concentrant sur son dernier album en date. J'ai donc cherché à me procurer le disque précédent, Play It Strange, datant de 2010 et c'est vrai que si l'on y trouve pas mal de choses plaisantes, rien n'arrive à la cheville de ces cinq pépites là, malgré le très beau single Waterfall. En plus, il semble que Tim Cohen, le leader du groupe ait une productivité d'enfer. Non content de sortir avec les Fresh & Onlys un disque tous les ans en moyenne, il a aussi une poignée de disques en solo (45 tours et albums) ainsi que diverses collaborations. Il est donc possible que ce qui m'apparaît ici comme une forme d'achèvement ne soit pour lui qu'un caillou de plus semé sur une route un peu cabossée. Qu'importe, car ces cinq chansons là, je les prends telles qu'elles sont et veut bien en faire mon disque de l'année s'il le faut. J'attends quand même la suite avec impatience.

Site : http://thefreshandonlys.blogspot.com/

Mis à jour ( Samedi, 06 Août 2011 22:13 )  

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