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STONE AXE, retour à l'âge de pierre

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Stone Axe 1&2

On aurait vraiment tort de penser que la musique de Tony Dallas Reed, et donc de Stone Axe, se résume à un simple effeuillage de nos albums préférés un après-midi de dimanche pluvieux. Après dix ans de Mos Generator, T. Reed admet l'évidence : lui, le guitariste précis et multi-instrumentiste qu'il est devenu a les deux pieds coulés dans un socle blues-rock des années 70, et cela ne sert à rien de se le cacher. Fort de deux albums, Stone Axe (2009) et Stone Axe II (2010), ce groupe qui enregistre à deux et qui joue parfois à quatre, est un régal pour l'âme. Même si cette couleur musicale, ce phrasé de guitare ou cette lourdeur de batterie vous évoquent inévitablement quelque chose, ce groupe (hybride quelque fois) n'est pas là que "to pay tribute". La petite conversation que j'ai échangée avec T. Reed m'amène à croire qu’un certain nombre d'entre nous auraient adoré être une souris, planquée au fond de son studio d'enregistrement, au moment où ce sorcier du son, bascule le switch sur "Power On".

Tony, je suis ravi que l’on puisse enfin faire plus ample connaissance. Je t’avoue que, depuis cinq mois, tu as occupé pas mal mes pensées. Alors d’où viens-tu, et parles moi un peu de ton parcours et de Stone Axe.

– On vient d’une ville qui s’appelle Port Orchard dans la région de Seattle. Dru Brinkeroff et moi nous nous connaissons depuis une dizaine d’années ; j’ai produit un certains nombres de groupes dans lesquels il était notamment The Swinos, et de mon coté j’ai joué à peu prés dix ans aussi avec Mos Generator. J’avais envie de le faire venir dans ce projet « Stone Axe » parce que je pense que sa voix collerait parfaitement bien Tony Dallas Reed - Stone Axeà ce que je voulais faire.

 

A ce propos si j’ai bien compris, toi et Dru, vous jouez de tous les instruments sur ce premier album : claviers, basse, batterie ? Et le résultat est hallucinant !
– J’ai toujours travaillé de mon coté, sur des démos, et cette fois là je voulais vraiment en faire quelque chose. J’ai choisi un titre que j’ai confié à Dru et le résultat a été magnifique. On est allé jusqu’au bout et là avons eu une proposition de Roadburn Records pour réaliser un titre et après l’album complet. Sur le premier album, Stone Axe, et le tout dernier, Stone Axe II, je joue de tous les instruments et Dru fait les vocaux. Mykey Haslip et Mike DuPont jouent sur quelques titres mais majoritairement c’est moi ; j’enregistre toujours seul et ensuite on les apprend à deux ou à quatre. Les titres ne sont jamais joués en live avant de sortir sur album.

Je suppose que cette question t’a déjà été posé à de nombreuses reprises, et qu’elle doit même sérieusement commencer à t’agacer ; mais les très nombreuses références musicales qui « transpirent » de ta musique, ne peuvent que faire penser à Humble Pie, Faces, Free. Bref, la « Rock Music Britannique » des années 70. Est-ce que tu assumes ça ?

 

– Free, Humble Pie, Faces font parti bien entendu de nos références les plus fortes ainsi que Cream, Thin Lizzy et beaucoup d’autres de cette époque bénie. Franchement on n’essaie pas de faire du nouveau ; nous sommes sous l’influence totale de ce que je pense être la plus fabuleuse période de l’histoire de la musique. Etre comparé à ces immenses groupes est pour moi une grande fierté.

 

Sur votre site (et sur les notes internes des albums), tu différencies une formation de « studio » et une formation de « scène », à quatre donc. Est ce que le groupe restera dans cette configuration scénique ou reprendras tu le chemin des studios avec Dru, en duo ? Comment as-tu fait ton choix lors de l’intégration le bassiste et le batteur, à une entreprise tres personnelle finalement ?

– Ça restera quelque chose d’inspiration tres personnelle, mais j’espère que Mike & Mykey seront de plus en plus présent sur mes albums. Mykey Haslip est le frère de « Scooter Haslip », le bassiste de Mos Generator que je connais depuis vingt ans. Il sait fort bien comment et sur quoi je travaille ; c’est un musicien sérieux et dévoué. Quant à Mike DuPont, il joue à l’extérieur avec Haslip dans un groupe ‘’Sower of Dishord’’ ; j’ai produit leur enregistrement et c’est là que j’ai compris qu’ils feraient merveille au sein de Stone Axe.

 

Je suis bluffé par l’efficacité de tes chansons et l’incroyable simplicité de ton jeu de batterie. Là je dois t’avouer que sur « Riders of The Night » et « Black Widow », tu me rappelles furieusement un Simon Kirke ou un John Bonham. Simple, lourd mais aérien, presque en suspension. Et pour les guitares, c’est un pur bonheur ; tu remplies l’espace sans devenir envahissant ; je pense là à « The Skylah Rae ». As-tu toujours joué de la sorte, je veux dire dans ce style ultra puriste ?

– Oui et, encore une fois tu es pile poil dans le vrai concernant tes références Simon Kirke, J. Bonham, Ginger Baker sont des batteurs que j’ai adoré avec tant d’autres Jouer de la sorte avec une volonté de laisser l’espace se combler petit à petit c’est assez nouveau pour moi et c’est beaucoup plus difficile que l’on ne le croit. Il a fallu que je bosse ça pendant des jours.

STONE AXE live

La couleur du son est plus que fidèlement restitué en studios c’est étonnant cette basse et cette batterie ; est-ce difficile de le reproduire sur scène ? J’ai bien écouté certaines des vidéos que tu mets sur le site c’est époustouflant !
– Il y a des titres, bien sur, que l’on ne peut pas reproduire sur scène, à cause des overdubs notamment, mais dans l’ensemble je suis assez satisfait du résultat ; c’est très proche du son studio.

Le matériel que tu utilises, à je pense une énorme importance dans ce que tu cherches à restituer. Quelles guitares ont tes préférences ? Et puis, je n’ai pas rêvé : tu te débrouilles pas mal avec les lignes de mellotron !
– En studio j’utilise presque exclusivement une SG et plus rarement une ES135 ou une Stratocaster. Pour l’amplification, je suis un adepte des amplis Laney des années 60, début 70 que j’utilise abondement avec de vieux Marshall ; mais les Laney Supergroup sont mes amplis de scène préférés. Concernant le mellotron, cela faisait vingt que j’en cherchais un de potable et là j’en ai trouvé deux coup sur coup. Je peux te dire que tu vas en entendre dans mes futur albums !

Bon, nul doute que tu es un multi-instrumentiste méticuleux, mais es-tu aussi pointilleux dans le choix de tes musiciens et dans leur manière de jouer ?
– Dru et moi avons effectivement auditionné un certain nombre de musiciens avant d’obtenir le Stone Axe de scène que tu connais aujourd’hui. Je suis effectivement très exigeant envers les gens avec qui je joue .Dans ma carrière j’ai joué avec gens à la fois talentueux et doués et de ce point de vue, oui j’attends beaucoup des autres ; avant tout la communication et la cohésion sont le secret d’un bon groupe avec du talent je suppose.

L’Europe a prouvé (et l’Europe de l’Est en particulier) qu’elle restait très accrochée à cette musique et à cet univers musical des années 70, alors que peu de médias (presse ou radios) ne donnent beaucoup d’échos à ces groupes. Aujourd’hui c’est le web qui fait plus pour la rock music au travers des zines ; paradoxalement il faut d’abord exister sur la toile avant d’exister physiquement presque. Dirais tu que l’Europe par rapport aux Etats-Unis, est plus à ton « parti pris » musical ?
– Sans nul doute l’Europe et l’Angleterre sont nos appuis les plus importants et en effet internet nous a plus qu’aidé à émanciper notre musique. Ce qui le prouve c’est que nous vendons autant en Europe qu’aux Etats-Unis, pour te donner un ordre d’idée.STONE AXE playing live

J’ai lu que la plupart des membres de Mos Generator ont quitté le groupe parce qu’ils voulaient enfin se poser et assoir leur vies familiale. Est-que ça été si dur que cela pour vivre de votre musique, et à ce titre penses tu que Stone Axe s’en tirera mieux ?
– Disons que Stone Axe prend le relais au bon moment, là ou Mos Generator l’a laissé et grâce aux rencontres que j’ai faites durant ces années j’ai bien l’intention de faire mieux avec Stone Axe.

Tu as acquis une sacré maitrise du travail de studio, de la production également. Dirais-tu que c’est ce que tu préfères par rapport à ton statut de musicien et personne des majors ne t’as jamais appelé pour enregistrer avec des « calibres » ?
– Je m’éclate vraiment à enregistrer ma propre musique et en plus je gagne ma vie à le faire ; aujourd’hui je peux même choisir avec qui je veux enregistrer. Personne en particulier ne m’a contacté mais j’ai déjà enregistré d’autres groupes à travers le pays.

Tony, peut-on savoir à qui tu fais référence dans « Those were the golden years » quand tu dis :« J’ai passé des journées d’hiver pluvieux à t’écouter chanter. » J’en ai une petite idée mais j’aimerais que tu approfondisses.
– C’est à Phil Lynott à qui je fais allusion dans cette chanson, mais je pourrais en dire autant de toute la musique de cette période, avec laquelle j’ai grandi !

Je crois savoir que vous venez prochainement en Europe (pas avant 2011 en fait..). Qu’est-ce que le Vieux Continent représente pour toi ?
– Stone Axe aurait pu voir le jour en Angleterre, c’est 90% de nos racines musicales ; mais l’Europe est vraiment l’endroit où les gens aiment profondément la musique. Ici, aux Etats-Unis ont a l’impression que le public profite de ce qu’il écoute sans jamais s’en imprégner.

Pour finir j’aimerais savoir avec quel musicien tu aurais aimé jouer ou côtoyer ?
David Bowie vers 1973..

(Bon j’aurais parié qu’il me répondrait Paul Kossoff. J’aurais donc perdu !)

 

J’ai demandé il y a quelques années à Ian Hunter ce qu’il ressentait vis-à-vis de ces années là, et il m’a répondu que la nostalgie est une des maladies les plus destructives. Tu en penses quoi, toi ?

– A regarder ce que la rock music produit aujourd’hui, la nostalgie, c’est bien tout ce qui nous reste.

Et vlan !…

Le site Stone Axe

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Mis à jour ( Samedi, 30 Octobre 2010 16:11 )  

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