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Home Dressez vos esgourdes 70's THREE ARMY MAN - Two - 1974

THREE ARMY MAN - Two - 1974

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 1968 : un groupe du nom de Gun place un titre d’anthologie dans tous les charts européens, Race With The Devil. Adrian et Paul Gurvitz, aux commandes de ce power-trio, changent de batteur en 1971 et fondent Three Man Army. Cet album est leur troisième, malgré son titre choisi délibérément afin d’égarer l’auditeur non averti ! (vu leur renommée, ils auraient peut-être dû s’abstenir, non ?)
 Bref, le décor étant à peu près planté, de quoi s’agit-il donc plus précisément ? Et bien, tout simplement, de l’un des meilleurs albums de rock 70’s anglais jamais enregistrés ! Ce disque débute sur les chapeaux de roues, avec Polecat Woman, rock très Zeppelinien, agrémenté d’un mur de guitares imparable, et d’un solo de batterie (court, rassurez-vous) à réveiller les morts. J’ai oublié de préciser que le batteur de 3MA n’était autre que Tony Newman (Jeff Beck Group, May Blitz, David Bowie…), pas vraiment un manchot... Cette déferlante sonique est suivie du sublime Today, qui démarre comme une ballade avec ses arpèges à la douze cordes (électrique), mais on sent que l’orage va bientôt gronder… la fin du superbe solo d’Adrian Gurvitz, tout en finesse et larsen maîtrisé, est un véritable décollage auditif, avec une montée en puissance que ne bride aucune compression (vive la production analogique !). Un des grands moments de l’album. Retour à un rythme plus rock avec Flying, dans lequel brille le jeu de double grosse-caisse de Tony Newman. Ce morceau permet également – comme tous les autres, d’ailleurs – de se rendre compte combien Adrian Gurvitz est un fabuleux guitariste, et à quel point il mériterait sa place au panthéon des guitar-heroes anglais, aux côtés de Page, Clapton et Beck, pas moins ! Ce qui frappe également dans cet album, c’est la richesse des arrangements, comme dans Space Is The Place, qu’on pourrait qualifier de slow bluesy, morceau avec un arrangement orchestral somptueux, et un solo de slide-guitar tout en délicatesse…
La seconde face du vinyl débutait par Irving, instrumental qui me fait immanquablement penser à Red de King Crimson, paru la même année. La virtuosité des musiciens, jamais dans la démonstration gratuite, et leurs qualités de compositeurs et d’arrangeurs éclatent également au grand jour dans ce titre. Dans I Can’t Make The Blind See, Adrian Gurvitz se prend carrément pour BB King (période The Thrill Is Gone). Ce blues lent très british dans l’esprit se termine dans un effet de phasing psychédélique, qui enchaîne ce titre à Burning Angel, morceau illustrant une fois de plus les qualités de batteur de Tony Newman… Des arpèges acoustiques et des glissandos de guitare introduisent (et concluent) le dernier titre, In My Eyes, avant que guitare, basse et batterie ne se mêlent en un superbe riff rock/blues d’une évidence rare.
Ce fut le dernier album de 3MA, Tony Newman les quittant pour David Bowie, ce qui était sans doute plus gratifiant économiquement parlant… Adrian et Paul Gurvitz s’associèrent alors avec le légendaire Ginger Baker pour fonder Baker-Gurvitz Army, mais c’est là une autre histoire…

JM Devaux
Chronique publiée dans Crossroads n°25, octobre 2004, rubrique Parallel Lines

 

 

Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 18:50 )  

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