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Home Dressez vos esgourdes Unsung heroes ALAN SPARHAWK - Solo Guitar - 2006

ALAN SPARHAWK - Solo Guitar - 2006

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 Low a été surnommé un jour le groupe le plus lent du monde. Il en est certainement un des plus tristes aussi. Etiquetée "Slow-Core", la formation a cependant très vite atteint le statut de groupe culte. Elégante, élégiaque, majestueuse, leur musique est rendue supportable et désirable par sa beauté nue.
Alan Sparhawk est chanteur chez Low, tout comme Mimi Parker. Alan Sparhawk va souvent très mal, tout comme Mimi parker. Et tout comme Mimi Parker, Alan Sparhawk est un habitué des séjours en hôpital psychiatrique ; parfois entre deux albums, parfois au beau milieu d’une tournée – de fait interrompue. Suite à leur précédent magnifique (et plus tonique qu'à l'accoutumée) The Great Destroyer (2005), C’est Sparhawk qui craqua. Après son rétablissement (mais pour combien de temps ?) particulièrement difficile, il rejoint ses comparses de Low pour enregistrer l’étonnant et classieux Drums And Guns (2007). Low est un groupe qui cherche ; la plupart de leurs enregistrements sont de belles tentatives de renouvellement. Suivre ces musiciens s’avère donc passionnant.
Sorti discrètement quelques mois avant Drums And Guns, Solo guitar est, comme son titre le suggère, un disque totalement instrumental. Sparhawk seul avec sa guitare, enregistré live avant un concert.

Qu’allait donc bien pouvoir nous proposer le musicien ? L’alchimie réussie de Low repose en grande partie sur l’alliance des voix féminines et masculines de Sparhawk et Mimi Parker. En tant qu’instrumentistes, les membres du groupes sont plutôt discrets, car leurs fines compositions le demandent. C’est donc avec une grande curiosité et sans idées préconçues que j’ai appuyé sur Play la première fois.

 Première constatation : aucun rapport avec Low. Entre craquements, grincements et souffle d’ampli, Sparhawk développe un tapis de boucles parfois proche d’une ambient très légèrement teinté d’indus, hybridée avec des phrasés d’un Loren Connors ému. Entre douceur et inquiétude ; fluidité et petits chocs.
Deuxième constatation : en fait, si, il y a un point commun avec Low, cette musique est totalement habitée. Parmi les jeux de pédales d’effets ultra-complexes utilisés avec science par le guitariste, la combinaison la plus impressionnante est celle qui lui a permis de brancher un cable directement à ses synapses malades.
Solo guitar est un mille-feuilles d’amertume. La technique et l’expérimentation au service de l’expression des sensations et sentiments les plus profonds de notre homme. Transformer ses larmes en notes n’est pas le moindre des exploits, surtout lorsqu’on refuse les schémas de la narration musicale classique.
Deux titres placés au centre de l’album sont le cœur palpitant de cette œuvre ; deux plages (deux plaintes) très longues : 30 minutes à elles seules (sur 43 minutes). Cet organe vital est enveloppé par de fines feuilles sonores, sur lesquelles le musicien a dessiné ses esquisses à l’électricité – 13 minutes de fulgurances aigues, de "presque rien" évocateurs, de cliquetis, de mélodies avortées. Les  sons de Solo Guitar lorgnent vers un Fred Frith, moins radical ou abstrait, mais bouleversant.

Alors ? Une œuvre « cathartique », comme on peut lire ici ou là ? Pas sûr. Solo Guitar, c’est le cri qui ne sortira jamais, coincé au creux du ventre ; l’essence de l’angoisse. Alan Sparhawk laisse une trace d’un appel à l’aide destiné à personne, car sa douleur doit être en partie inconsolable – comme celle d’autres dépressifs qui s’accommodent de leur souffrance plus qu’ils n’en guérissent.






Des extraits de l'album ICI

Mis à jour ( Samedi, 27 Février 2010 04:02 )  

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