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poin-poin sniff - Nikki Sudden est mort

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Sudden

Sale temps. Nikki Sudden est mort dimanche dernier. Depuis 15 ans, je n'achetais plus ses albums mais je l'ai suivi des Swell Maps jusqu'aux Jacobites (soit de 78 à 90) avec passion. Quand l'incontournable Laurence Romance voulut écrire un papier sur lui dans Libération il y a une vingtaine d'années, elle sut par une relation commune que j'étais bien fourni en documents et en photos sur le bonhomme, et elle m'en emprunta quelques-uns. J'étais tout fier d'être considéré soudain (sudden-ly) comme un exégète de cet illustre méconnu.

 

 

Je me disais dernièrement (depuis l'album de Television Personalities et le retour de Dan Treacy du lac Averne où les génies vont souvent croupir) qu'il faudrait bien que j'écoute les albums qu'il avait gravé durant la dernière décennie. Je les écouterai donc à titre posthume.


 

C'est pas glorieux de laisser tomber les gens qu'on aime.

Quand j'ai fait ma liste des 100, j'ai viré Robespierre Velvet Basement (1985) en me sentant un peu merdeux tant j'ai usé cet album, tant je l'ai brandi comme crucifix sonore durant les sinistres années 80 pour montrer ce que je considérais comme la seule bonne musique qui était alors produite. Nikki Sudden déclarait alors qu'avec Dave Kusworth (un autre méconnu celui-ci), réunis sous le nom de Jacobites (les références à la révolution française m'ont toujours plu chez Nikki Sudden) il avait tenté de voir combien de morceaux ils pourraient composer à partir des 3 mêmes accords Stoniens. Et bien on en redemandait tant le résultat était plus précieux que tous les disques des Stones post-Exile On Main Street réunis.

J'ai continué à suivre l'individu jusqu'en 1990 mais j'ai fini par trouver (à tort ?) que ça tournait en rond. Et  puis surtout, apparut plus excitant outre-atlantique, des larsens, des décibels, de la distorse : les Melvins, Big Black, Sonic Youth. Les sirènes étaient trop belles. Même si Nikki Sudden s'y est essayé aux larsens, décibels et distorses, sur Groove en 1989, ce fut une trop brève aventure... sans lendemain.


N'empêche, c'est pas glorieux de laisser choir ceux qu'on aime.


Les Jacobites c'était la classe absolue : le meilleur des Stones de Beggar's Banquet, le meilleur des Faces de A Horse, le meilleur du Bolan de T.Rex (le nom de l'album de 70). Avec cette gouaille cockney en plus et ce côté aristocratique que les Stones ont eu de 69 à 72. Et qui d'autre que Nikki Sudden pouvait porter des chemises à jabots en ayant l'air aristocratique et non pas ridicule (il y a aussi quelqu'un de chez poin-poin c'est vrai) ?

J'imagine que Johan Asherton est affreusement triste depuis dimanche soir. Il ne niera pas je pense que Nikki Sudden exerça sur lui une influence presque aussi grande que celle de Marc Bolan.

Etrange coïncidence : la veille de sa mort, j'écrivais la chronique de Dark Places de Television Personalities pour Crossroads, dans laquelle j'affirmais que Dan Treacy était avec Mark Perry et Nikki Sudden les 3 grands génies méconnus issus du mouvement punk. Des années que je n'avais écrit son nom à Nikki Sudden. Et voilà que la vie nous le souffle.

Comme tous les grands paroliers, la mort infiltrait ses textes. Celui où elle apparaît avec le plus de pregnance est bien sûr Death Is Hanging Over Me (sur Dead men tell no tales, 1987). Quittons-le là dessus. 

Death is hanging over me
Though this room is seldom cold
Rosewood candles light the way
Along this tarnished road.

Death is hanging over me
In it's empty covered shroud
Death is hanging over me
And it could never seem too loud.

It's waiting in my arms
Like a perfect glimpse of white
A thousand islands twist and fall
In the morning light.

Death is hanging over me
It merely twists and falls
Death is hanging over me
But I can't hear it at all.

My death waits there

[www.nikkisudden.com]

Mis à jour ( Mercredi, 29 Mars 2006 21:51 )  

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