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Introduction à la Dub Techno (1/4)

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King Tubby, Augustus Pablo, Lee Perry"Introduction" car il ne s'agira ni d'en faire l'historique ni d'être exhaustif, mais juste de donner quelques pistes au quidam désireux de s'aventurer dans les volutes enfumés de la dub techno. En effet, je ne vois pas bien comment un individu dans mon genre pourrait "lister" ce qui se fait de mieux en la matière, n'étant ni spécialiste ni DJ ni rien du tout. Trop de maxis confidentiels, d'artistes méconnus et de labels énigmatiques rendraient la chose périlleuse. C'est pourquoi nous ne ferons que tournicoter autour de quelques artistes majeurs afin de débroussailler à la machette un style aux ramifications multiples dont la première des influences se situe en Jamaïque, ich wilkommen bien sûr le dub, excroissance du reggae personnalisée par des olibrius comme King Tubby, Augustus Pablo ou encore Lee 'Scratch' Perry dans les années 70.

Brian Eno StudioN'ayant pas peur de passer pour un gland, je rappellerai que le dub est une musique basée sur la prédominance du tandem basse/batterie ainsi que sur l'ajout d'effets (réverbs, delays, cuts...) à des instrumentaux reggae, qu'on appelle aussi "versions". Ainsi débarrassées des voix (parfois conservées par bribes ou apparitions soudaines de mots, de phrases), les chansons deviennent alors de longues divagations sensorielles promptes à engendrer la rêverie et l'expansion espace/temps (prévoir un spliff, des coussins et un air abruti). Dub auquel nous ajouterons une pincée d'ambient dont Brian Eno fut l'un des principaux instigateurs, un soupçon de musique contemporaine minimaliste et répétititive école Steve Reich et inévitablement (ou presque) le fameux kick issu de la house music et de la techno. Si vous regardez par les hublots situés à droite de l'appareil, vous apercevrez la "deep house" et à gauche la "minimal techno". Plus loin mais toujours dans le giron, la techno de Detroit, la micro-house et l'électro dans son acceptation globale puisque la dub techno est avant tout une musique électronique, bien plus proche d'une esthétique "machinique" que de celle d'un reggae roots pur jus, malgré qu'il existe également un dub électronique contemporain.

 

Moritz Von Oswald & Juan Atkins

Moritz Von Oswald Trio Discographie

Bref. Tel le cuisinier à qui l'on donnerait une liste d'ingrédients précis, l'artiste dub techno va donc s'employer à accommoder ces derniers avec le plus de subtilité possible, accentuant pour certains l'aspect ambient voire industriel tandis que d'autres miseront davantage sur l'effet hypnotique de la techno. Véritable déclencheur de la lame de fond dub techno, le label Basic Channel de Moritz Von Oswald et Mark Ernestus fait clairement office de précurseurs, c'est pourquoi je vous invite à vous reporter à cette précédente chronique plus ou moins étayée qui jadis leur fut consacrée. Difficile cependant de ne pas en remettre une couche en citant le travail de Maurizio, Rhythm & Sound, Monolake, Vainqueur, Substance, Quadrant ou Radiance, tous issus du label allemand et qui eurent une influence déterminante sur pléthore de producteurs techno abasourdis. Ce à quoi nous ajouterons les travaux plus récents du Moritz Von Oswald Trio (formation complétée de Vladislav Delay et de Max Loderbauer) ayant à son actif quatre albums certes inégaux mais tous recommandables. Plusieurs sorties notoires ont également vu le jour, notamment l'album Borderland (sur le label Tresor) résultant de la collaboration entre Von Oswald et Juan Atkins, figure de proue de la techno de Detroit.

Moritz Von OswaldVon Oswald (également ingénieur du son chez Dubplates & Mastering) définit sa musique comme une relecture des classiques dub jamaïcains, évitant cependant le piège du "à la manière de", sachant qu'il serait totalement vain de "copier" ce son si typique voire exotique, concocté en des temps révolus à base d'effets ancestraux et de machines toutes plus obsolètes les unes que les autres. Von Oswald s'emploie donc à donner sa propre version du dub, évitant toute redite et par là-même tout cliché inhérent au genre. Etant allemand, pire > berlinois (Berlin temple de la techno), il entend bien ne pas faire le kéké blanc à dreadlocks. Plutôt que de jouer du djembé en claquettes affublé d'un tee-shirt Bob Marley, Von Oswald et sa coupe de cheveux au cordeau compliquée d'une allure très gentleman va donc orienter sa musique vers un minimalisme techno mouvant comme les sables du même nom, habité comme le souffle d'une vieille cassette audio, mélancolique comme les craquements d'un vinyle, organique comme une faune bactérienne microscopique oeuvrant à la Borderland Von Oswald-Atkinsqualité des yaourts (je pense notamment au Bifidus), vaporeuse comme un brouillard matinal et poétique comme ce qu'on voudra de poétique, je dirais au hasard une forêt sombre et mystérieuse (l'un des visuels de l'album Borderland), non dénuée de rais de lumière pour autant. En règle générale, huit pistes suffisent à Von Oswald pour créer ses tracks et tout se joue là, dans la façon de mixer et de faire évoluer ces quelques éléments sonores, casting au sein duquel la basse profonde et moelleuse joue le premiers rôle. Nota benêt : je me suis permis ces quelques redites par rapport à la précédente chronique afin de re-situer le bidule. Lire la suite...

King Tubby Dub Playlist

Brian Eno Discreet Music

Quadrant Dub

Moritz Von Oswald Trio Structure 2

Juan Atkins & Moritz Von Oswald Electric Dub

Mis à jour ( Lundi, 14 Septembre 2015 09:50 )  

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