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ERIC MCFADDEN - Concert - Paris 2009

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Eric McFadden - Paris - 2009

A quand une véritable tournée d’Eric McFadden ?, demanda-t-on au boss manager de Bad Reputation, à l’issue du superbe concert du bluesman-rocker-riffer au Café de la Danse, mercredi 10 novembre 2009, à Paris. "Quand les gens auront envie d’écouter de la bonne musique", répliqua Eric Coubard, tout en écoulant les CD de McFadden (dont le dernier-né, Train to Salvation, accompagné d’un DVD live enregistré en 2007 dans ce même lieu). Réponse condescendante ? Peut-être un brin désabusée, surtout, car le talent discographique et scénique d’Eric McFadden méritent sans doute mieux qu’un Café de la Danse rempli, certes, mais pas blindé.

Eric McFadden - Train to SalvationLe public est ce qu’il est. Et chacun réagit à sa façon (en général moins démonstrative que la mienne... ce que je suis bien forcé de constater et d'accepter, même si j'ai du mal à comprendre qu'on vienne à un concert pour croiser les jambes sur une chaise). A un moment, tandis que McFadden avait invité sur scène un guitariste et un harmoniciste (Vincent et Adrien Di Bona, du groupe Red Lemons), je regardais les spectateurs. Or, alors qu’ils allaient faire une ovation à la fin du morceau, ils restaient quasiment statiques sur leurs sièges. A peine si quelques têtes remuaient de ci de là. Et, pendant ce temps, sur scène, Eric McFadden, sa bassiste attitrée Paula O’Rourke et leurs copains (dont l'accordéoniste jazz Max Marcilly) foutaient un feu d’enfer à coups de duels de grattes, de Ping-pong guitare-harmonica, avec des airs de s’éclater comme des petits fous. Quelques minutes où le concert ressemblait à ce que la musique devrait toujours être : une orgie, un partage, une porte ouverte sur le bonheur.

Quoique. La musique de McFadden ne se réduit pas à un guilleret tour de manège. Le six-cordiste californien, veste en velours et chapeau melon comme piochés dans la garde-robe des Mystères de l’Ouest, a d’ailleurs démarré le show comme en 2007, tout en douceur. Cette fois avec deux extraits de Train to Salvation : That’s How I Know I’M Here et Stealing From The Dead. Des titres parfaitement mcfaddeniens, où la lumière perce au loin à travers l’ombre, mais un peu déstabilisants pour une ouverture : on ne peut alors pas dire que ça bouge sur scène, malgré la longue, très longue silhouette vêtue de noir, parfois arachnéenne, de Paula O’Rourke. McFadden semble avoir pleine confiance dans son nouvel album (et l’écoute de Train to Salvation confirme qu’il a sacrément raison !), puisqu’il y piochera encore trois autres chansons : Train to Salvation, l'irrésistible Edgar Allan Polka et le tripant Where is Ferdinand ? (en vidéo live ici).

Eric McFadden - concert live Paris 2009 - Café de la Danse

Un concert de McFadden ne saurait toutefois être un concert de McFadden sans ces soudaines explosions orgasmiques pendant lesquelles on ne sait plus si on habite en Andalousie, en Europe centrale avec des tziganes ou dans le bayou. Et c’est ce qui arrive dès le troisième morceau, qui marque le premier cran dans la montée d’adrénaline. McFadden, avec sa voix de sorcier, n’oublie pas quelques classiques, tels Tick-Tock, durant lequel Paula O’Rourke reprend la même gestuelle de pantin désarticulé que deux ans plus tôt ou, en fin de concert, un Wanna Be Your Man (vidéo ici) qui devrait suffire à lui seul à faire introniser McFadden au Rock n’roll Hall of Fame (quand les gens etc. - voir en début d'article...). Malgré quelques problèmes (Paula O’Rourke qui n’entend rien de sa basse au début du concert, McFadden larsenisé en pleine intimité guitare-voix), le son rendait dans l’ensemble justice au groupe et, ô joie, cette fois, l’accordéon apparaissait dans le mix, ce qui n’était pas le cas en 2007.

Eric McFadden - Paris - Café de la Danse - 2009 concert

KILLING MOODDeux premières parties ouvraient pour Eric McFadden. Killing Mood, alias Belinda Kordic (ex-Stabb) accompagnée de Daniel Bengtsson, défendait son album Just Another Love Song. Soyons francs, si Libération adore, cette prestation m’a laissé de marbre. Surtout quand la demoiselle part dans des aigus pas toujours maîtrisés et se perd dans des paroles d’une banalité parfois confondante. Son folk intimiste et dépouillé est peut-être sincère mais, à mon avis, sans originalité. Son attitude scénique timide et empruntée n’arrange pas l’affaire. Et, malgré sa reprise du standard Strange Fruits, tout cela reste encore un peu vert…

On n’en dira pas autant de Dan Reed. Sa voix, sa guitare, et son pote Tommy Denander à la deuxième guitare : il ne lui en faut pas plus pour s’imposer. Le bonhomme a certes un passé à son actif, comme vocaliste du Dan Reed Network, formation qui récolta un certain succès à la fin des années 1980, dans une veine nettement plus rentre-dedans. Mais, depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, de l’alcool dans son gosier, des substances illicites dans ses veines, comme il l’a raconté entre deux morceaux : Dan Reed s’est perdu, a perdu son père, s’est retrouvé dans un monastère bouddhiste avant de se retrouver lui-même et de se remettre à écrire.

Le concert de Dan Reed s’appuie ainsi sur ses deux qualités : sa voix puissante et chaleureuse, et son songwritting. Saupoudrant l’ensemble de souvenirs du Network, comme Rainbow Child, Dan Reed (qui annonce un nouvel album et une tournée pour le printemps 2010) a visiblement fait plaisir aux nostalgiques de son anciennes formation et très bien chauffé la salle pour McFadden. Ne reste plus qu’à prier pour que, cette fois, le dreadlocké le plus classieux du rock ne mette pas deux ans avant de revenir.

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Chronique concert à Paris 2010

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Mis à jour ( Mardi, 30 Mars 2010 19:35 )  

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